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Pourquoi des déchatisations aujourd'hui encore ?

June 24, 2015

 

La mobilisation citoyenne contre la déchatisation programmée à la cité du Bel Air à Montreuil démontre comment il apparait révoltant, aux yeux d’un grand nombre d’habitants, que des décideurs, élus ou techniciens, décident de supprimer les chats d’un endroit sur plainte de quelques personnes, parfois d’une seule. En effet, la plupart de nos concitoyens aiment les animaux et le chat est le 1er animal de compagnie depuis l’an 2000. C’est aussi le plus facile à abandonner, car il ne croise pas le regard de son propriétaire au moment où il est jeté dans un bosquet, il ne fait pas de bruit et ne court pas après la voiture.

 

Nombre de personnes nourrissent, soignent ou abritent des chats dans les villes. Le plus souvent, elles font stériliser les chats, soit à leurs frais, soit par une association, et choisissent un endroit discret où donner à manger et installer des abris. De ce fait, elles sont alors appréciées du voisinage et cette activité plutôt pacifiste, créée du lien entre les voisins. Elle révèle un sens de l’utilité pour le ou la nourricière envers ces animaux et permet d’avoir de beaux chats et en nombre plus ou moins calculé.

 

Alors pourquoi décider une déchatisation ?

Si des habitants se plaignent de la présence des chats, il est fort à parier qu’il y a un dysfonctionnement dans l’organisation présentée ci-dessus :

  • Soit cette organisation n’a pas été mise en œuvre. Alors, le nombre de chats est devenu trop important, les bruits dus au rut et l’odeur des pipis de chats mâles l’emportent sur l’empathie attendue. Les nourriciers peuvent être démunis devant cet état de fait, et l’on peut blâmer les élus d’une municipalité ou les bailleurs de ne pas se donner les moyens de gérer de manière éthique les populations de chats de leur territoire.

  • Mais parfois, tel n’est pas le cas. La ville prend à sa charge les stérilisations et pourtant !!!

L’exemple raconté ci-après démontre que finalement, celui qui râle l’emporte face à l’inertie de la majorité silencieuse.

 

Une ville en Ile de France fait intervenir ACR pour la stérilisation des chats des rues depuis une dizaine d’années. Les concitoyens et concitoyennes apprécient ce service. En 2014, la médiation de notre association est demandée dans deux cités.

 

Dans la première cité, les chats sont au nombre d’une dizaine et présents depuis plus de vingt ans. Ils seraient porteurs de puces. Demande de certaines personnes : retirer tous les chats de la cité. 

Nous nous rendons sur les lieux avec la responsable du service hygiène et rencontrons les différents acteurs du lieu. D’une part, si le gardien est fortement remonté contre les chats, les nourriciers défendent les chats. D’autre part, si puces il y a, elles sont le fait de caves qui ont été squattées et de soupiraux cassés laissant les animaux entrés dans ces caves. Rapidement les caves sont désinfectées et les soupiraux fermés. L’amicale des locataires et les nourriciers s’opposent au retrait des chats et souhaitent que les animaux soient stérilisés.

Devant la détermination des protecteurs à ne pas laisser partir les chats, la ville décide que les chats restent dans la cité et la stérilisation progressive des nouveaux chats.

 

Dans un seconde petite cité sympathique du centre ville, 2 chats concentrent l’attention et l’affection d’une dame âgée (environ 82 ans), depuis plus de dix ans. Elle s’occupe des chats et les a toujours fait stériliser. D’autres voisins donnent aussi à manger aux deux petites bêtes. Elle a aménagé une partie d’un local sans destination précise, pour abriter les chattes. Mais cela dérange des habitants du rez-de-chaussée. Sur demande de la mairie, ACR installe de beaux abris chats dans un bosquet de la cité.

A ce moment, une autre voisine se plaint à la mairie de la vue de cette installation pour les chats. Nous sommes contraints de les retirer en urgence. Nous surprendrons cette personne promenant son chien sans ramasser les excréments et le faire jouer dans le square pour enfants. « La cité est déjà tellement sale que cela ne changera rien si je ramasse les crottes de mon chien. Et puis il n’y a pas de gamins qui jouent dans le square » répondra-t-elle à nos questions. En effet, la cité est jonchée de détritus en tous genres. Mais le pompon revient à de nouveaux arrivants qui estiment que les chats et la grand-mère salissent la cité. Agé d’une quarantaine d’années, le fils d’un couple va entrer en guerre contre les chats S’en suivra un véritable harcèlement de la grand-mère qui finira par être hospitalisée.

 

La vindicte des plaignants ne les poussera jamais au-devant des personnes qui squattent le jardin tous les soirs en buvant de l’alcool et en consommant des produits illicites. Voilà bien pourtant ce qui empêche les riverains de dormir et les angoissent à sortir le soir.

 

Nous effectuerons plusieurs entretiens avec ces personnes. La Maire en personne est venue sur place discuter aussi avec tous les intervenants. Une dernière réunion est organisée en mairie, où pros et antis chats doivent se mettre d’accord sur le devenir des chats. Tout le monde a reçu l’invitation, mais seuls, les antis chats viennent à la réunion. A contrecœur mais de manière démocratique, la Maire décide le retrait des chats.

 

Ainsi, dans une même ville, ayant la volonté de respecter les animaux, dans deux cités connaissant  une situation identique, présence depuis des années de peu de chats et l'arrivée de nouveaux locataires vindicatifs,  les dénouements sont différents.

 

La différence majeure a été : d’un côté, l’absence des protecteurs, et de l’autre, la détermination des protecteurs d’animaux.

 

Au-delà, nous voyons l’évolution du seuil d’acceptabilité des habitants envers les animaux et ce, de façon contradictoire. D’un côté, ce seuil tend à diminuer avec la montée agressive de certains habitants, minoritaires. De l’autre côté, nous observons que lorsque des habitants, protecteurs ou non, prennent la parole, ils contrebalancent cette tendance et que la cohabitation avec les animaux est de nouveau possible.

 

A nous d’œuvrer à l’expression de ce courant citoyen qui souhaite simplement une présence des animaux au cœur de nos villes. 

 

 

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