Médiation

Nous inscrivons toujours notre travail dans le cadre d’une opérationnalité et d’une expertise animalière reposant sur le sérieux d’un professionnalisme, des compétences fortes et des savoir-faire reconnus. Mais nous pensons qu’il est possible et nécessaire à partir de nos savoir être, de développer une médiation sociale et citoyenne reposant sur un objectif majeur : créer du lien social à partir de l’animal au service de la cohésion sociale.

 

La médiation sociale est définie «  comme un processus de création et de réparation du lien social et de règlement des conflits de la vie quotidienne, dans lequel un tiers impartial et indépendant tente, à travers l’organisation d’échanges entre les personnes ou les institutions, de les aider à améliorer une relation ou de régler un conflit qui les oppose » (définition européenne établie en 2000, par 43 experts de 12 pays européens).

 

Le préalable à la médiation est de reconnaître qu’on a affaire à un conflit de valeurs et non à des comportements « anormaux » qu’il faudrait modifier ou interdire. Il n’y a pas celui qui a tort et celui qui a raison. La médiation accueille le désordre.

 

Notre rôle est alors celui d’un passeur. Il est celui qui explique à l’autre et vice versa. Nous sommes là pour rétablir les liens, pour faciliter la compréhension entre les différentes parties, pour dissiper les malentendus.

Notre engagement en tant que médiateurs réside dans le fait que la médiation doit s'exercer en toute indépendance, de manière impartiale et neutre. Comme tout médiateur :

  • nous nous engageons sur la confidentialité des échanges et demande aux parties de s'y engager

  • nous avons une obligation de moyens non, de résultats

 

Les étapes de la médiation

  • Le principe de la médiation doit être accepté par les parties.

  • Le médiateur voit les personnes séparément. Cette rencontre permet l’expression libre et émotionnelle des parties.

  • Le médiateur aide ensuite chaque partie à analyser la situation de manière un peu plus distante.

  • Le médiateur fait se rencontrer les parties et va permettre que chacun s’écoute et comprenne les ressentis de l’autre.

  • La phase de la négociation où le médiateur amène les parties à trouver par eux-mêmes des solutions, un compromis, un accord durable.

 

Au travers de cette analyse, de ces propositions d’actions et de cette méthodologie, vous voyez qu’il ne s’agit plus seulement de traiter de la question du chat, mais bien de prendre en compte le contexte dans lequel ces animaux se trouvent et d’apporter les réponses appropriées et ainsi de créer du lien social avec :

  • des nourriciers mais aussi avec leurs détracteurs en traitant les plaintes éventuelles

  • les enfants dans les écoles et les centres de loisirs

  • les protecteurs en développant des pôles de vie pour les chats acceptés par les riverains

  • les habitants en solutionnant leurs problèmes liés à la présence des animaux

 

Les conditions de réussite

Ce type d’actions ne peut, selon nous, obtenir des résultats que sous certaines conditions :

  • le temps

  • les compétences

  • la motivation

  • la confiance partagée

  • un budget

 

Le temps

Le travail a effectué doit s’inscrire dans la durée pour créer les relations, établir des résultats partiels, créer des dynamiques, enraciner les actions dans la vie de la cité.

 

Les compétences des médiateurs
Nous savons que la question animale est considérée comme une cause secondaire. Et paradoxalement, elle suscite passions et tensions. Il sera nécessaire de comprendre les systèmes de pensées, les codes et valeurs culturels différents, de les expliquer et d’en modifier les représentations négatives.

 

Pour que la communication se développe, il faut :

  • la capacité à s’ouvrir à l’autre c’est-à-dire comprendre ce qui donne un sens et valeur à l’autre à travers sa culture et sa situation sociale

  • la capacité à faire entrer les deux parties dans une négociation

 

L’analyse partagée entre la ville et les intervenants

Ce type de démarche qui s’assimile à un processus d’actions/recherche nécessite une analyse partagée entre les décisionnaires de la ville au début du processus mais il nous semble impératif de vérifier régulièrement les visions demeurent communes. D’un côté les médiateurs doivent être indépendants dans la façon de mener leurs actions, mais ces actions doivent s’intégrer dans le cadre de la politique de la ville. Des liens privilégiés, réguliers doivent avoir lieu et un ou plusieurs référents de la ville doivent être en lien avec les médiateurs.